Description du projet

Projets

Koassanga: Ferme pilote

Le Lycée MLK veut se diversifier ! Nous avons d’ores et déjà acquis un terrain de 9.5 hectares dans le village de Koassanga situé à une dizaine de kilomètres du campus pour y installer une ferme pilote. Le but ? Introduire les élèves au concept de permaculture et permettre sa diffusion dans la population locale. Cela nous permettra également de participer à l’approvisionnement de notre réfectoire et de nous rendre en partie indépendant de la fluctuation des prix d’un grand nombre de produits agricoles.

Les dernières cultures

Les semis se font en début de la Saison pluvieus (fin-mai/début-juin) et les récoltes en début de Saison sèche (fin-septembre/fin-octobre)

SaisonNb champs cultivésSemisRécoltesAnimaux
Juin 2013 (début saison pluvieuse)4 sur 12Haricots (bengas), Mil blanc/rouge (sorgho), Maïs, Riz, petit MilOctobre 20131 taurillon, 1 vache, 3 chèvres, 1 bouc
Octobre 2013 (début Saison sèche)4 sur 12Juin 2013Haricot: 500kg, Mil blanc/rouge: 700kg, Petit mil: 50kg1 taurillon, 1 vache, 3 chèvres, 1 bouc
Février 2014 (saison sèche)250m2Maraichage: tomates (essai)6 seaux de 20L2 taurillon, 5 vaches, 3 chèvres, 1 bouc
Juin 2014 (début Saison pluvieuse)6 sur 12Haricots (bengas), Mil blanc/rouge (sorgho), arachides, soja et riz, petit milOctobre 20142 taurillons, 5 vaches, 3 chèvres, 1 bouc et 3 chevreaux
Les hommes, la faune et la flore du Sahel sont habitués de longue date à l’apparition d’années sèches. Depuis une trentaine d’années, ce caractère épisodique du climat est devenu chronique. D’où des conditions de vie de plus en plus difficiles.

Les hommes ne sont pas étrangers aux causes de la désertification. Sont encore pratiqués dans les campagnes:

  • la coupe irrationnelle du bois,
  • le surpâturage par la divagation des animaux,
  • la dégradation du sol par une surexploitation des terres…

Résultats : pénurie d’eau, disparition de la flore et de la faune, érosion des sols, famines et paupérisation du monde rural.

La philosophie de la permaculture consiste à travailler avec la nature et non pas contre elle et sous-entend des méthodes culturales qui permettent aux terres de maintenir leur fertilité naturelle.

Cette technique soucieuse de préserver l’environnement évite en général la pratique du labour afin de ne pas détruire la pédofaune essentielle à la bonne fertilité du sol. Cette simplification permet également de réduire la pénibilité du travail et l’investissement que représente un labour. D’autre part, la permaculture centre son approche sur l’arbre et la forêt. Ceci se traduit, par exemple, par la revalorisation des haies en bordure des cultures et des bocages comme garant de la biodiversité et de la limitation de l’érosion éolienne.

Le projet de la petite ferme pilote de Koassanga s’inscrit donc dans la vision globale du CMLK en prônant un développement durable et raisonné des ressources disponibles et en montrant de manière concrète aux enfants comment préserver leur environnement.

Le premier objectif est donc de sensibiliser nos élèves à la nécessité de protéger leur environnement. Les internes pourront s’y rendre le weekend pour apprendre des nouvelles methodes de travail qu’ils pourront ramener dans leurs villages d’origine:

  1. Un nouveau modèle d’aménagement rural basé sur le bocage comme solution au surpâturage et à l’érosion des sols.
  2. Utiliser au mieux les pentes de chaque terrain afin d’y conserver l’eau par la construction de diguettes de terre.
  3. La mise en place d’un espace dédié au compost.
  4. Diffuser la technique du zaï qui permet la restauration de la fertilité des sols sahéliens dégradés. Cette pratique évite les labours. Les paysans creusent des trous de 15 à 20 cm de profondeur et de 30 cm de diamètrede espacés d’1 m en quinconce dans chaque champ. Ces trous sont remplis de compost à la fin de la saison sèche et permettent:
    1. de conserver l’eau de pluie qui se concentre au fond de chaque trou,
    2. de revitaliser les sols par l’apport d’une fumure organique localisée permettant d’éviter l’utilisation de tout engrais chimique.

Au final, c’est une nouvelle approche, celle d’une agriculture raisonnée et respectueuse de l’environnement qui sera diffusée, permettant une évolution des mentalités.

Dans un second temps, ce sera un bon moyen d’assurer une source complémentaire d’approvisionnement du réfectoire du collège dans un pays où les prix des produits agricoles ne cessent d’augmenter. On assiste depuis quelques années à une flambée des cours des produits agricoles et notamment des céréales. Cette tendance de fond n’épargne pas le Burkina Faso qui reste tributaire des aléas climatiques avec des années de sécheresse entraînant des pénuries alimentaires et une forte hausse des denrées de base. C’est en période de soudure que le phénomène est le plus prégnant. Ainsi les prix connaissent des variations importantes au cours de l’année. Un sac de 100 kg de maïs qui coûte en moyenne 13 à 14 000 francs Cfa juste après les récoltes, peut atteindre, voire dépasser, les 25 000 francs Cfa. Ces variations se retrouvent sur l’ensemble des marchés céréaliers. Phénomène inquiétant, depuis deux ans, les prix ne chutent plus forcément en période de récoltes !

Le terrain sera clôturé pour le protéger des animaux en divagation et entouré d’une haie vive composée de plantes locales résistantes à la sécheresse et permettant, à terme, de fournir du bois de feu et des manches d’outils afin d’éviter la déforestation galopante. Puis il sera divisé en plusieurs champs délimités par des diguettes de terre afin de conserver l’eau de pluie et d’éviter l’érosion des sols. Entre chaque champ seront plantés des arbres fruitiers et des plantes médicinales utiles à la population et bien souvent en voie de disparition. Au point bas de chaque champ sera creusée une petite mare appelée « bouli » afin de recueillir l’eau de ruissellement qui pourra s’infiltrer dans le sol pour recharger la nappe phréatique et permettra d’abreuver le bétail. Aucun engrais chimique ne sera utilisé et nous produiront nous-mêmes notre compost en nous appuyant sur un petit troupeau d’ovins et de bovins.

Il sera organisé une rotation des cultures sur trois ans :

  • un champ en céréales (mil, maïs principalement)
  • un champ en légumineuses (haricots, arachides, poids de terre …)
  • un champ en jachère pâturée

Puis rotation chaque année pour éviter l’épuisement des sols.

Enfin, l’élevage sera secondaire : quelques têtes de moutons et des boeufs, éventuellement des lapins et un poulailler pour améliorer le quotidien de la cantine et fournir le compost nécessaire aux cultures.

Ce projet a retenu toute l’attention de M. Robert Abbott, le président de l’association Nos Haricots Magiques basée à Saint-Genis-Pouilly en France. Fils d’une ancienne collègue de M.Glauser à Florimont, il s’est montré particulèrement sensibilisé au concept de permaculture et s’est rapidement engagé à nous soutenir dans le développement de la ferme par l’achat de matériel et l’embauche de personnels agicoles. L’association NHM a vocation à devenir un partenaire essentiel de la ferme sur le long terme.

https://www.facebook.com/OurMagicBeans

Enfin, ce projet bénéficie des conseils techniques d’une ONG, Terre Verte, présente depuis plus de 25 ans au Burkina et engagée dans le développement rural au travers de la mise en place d’une ferme pilote à Guié, village situé à 40 km de Koassanga. Son président, M. Girard, un ami, a réussi à regrouper 10 villages de la région de Guié pour lutter contre les fléaux qui menacent cette zone sahélienne : désertification, destruction des sols, appauvrissement des populations locales … Après 25 ans d’efforts, d’explication, de sensibilisation, de collaboration, le résultat est étonnant :

  • aménagement de 6 périmètres bocagers permettant la revitalisation de plus de 500 hectares,
  • création d’autres fermes-pilotes,
  • création de plus de 150 emplois pérennes sur le site,
  • création d’écoles primaires et d’un collège,
  • création d’une bibliothèque et d’un centre d’alphabétisation,
  • électrification solaire des locaux de l’association,
  • création d’un orphelinat …

Au final, l’ ONG Terre verte a permis d’améliorer de manière notable la vie d’une population de 10 000 âmes ! Son principe directeur est de protéger les sols et de garder l’eau de la pluie pour créer un Sahel verdoyant.

Pour de plus amples informations, je vous invite à visiter les sites suivants :

https://eauterreverdure.org/

https://www.azn-guie-burkina.org/

Ce projet bénéficie donc d’une solide expertise en la matière et pourra compter sur le professionnalisme de l’équipe d’Henri qui mettra à notre disposition un ou deux jeunes aménageurs ruraux qui seront recrutés à partir de novembre.

Nature des travauxAvancéesCoût en euros
Construction de bâtiments en dur: un entrepôt, un logement pour le personnel permanent, latrine et doucheTerminé5336€
Pose de la clôture sur tout le périmètre du terrainTerminé9147€
Achat de matériel agricole et d’outilsTerminé762€
Achat d’un âne et d’une charretteTerminé358€
Aménagement du terrain et des champsTerminé1982€
Aménagement d’une fosse à compostTerminé762€
Achat et plantation des haies + fruitiers + plantes médicinalesEn partie2287€
Aménagements d’un forage équipé d’une pompe manuelleTerminé7622€
.TOTAL30’238€

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